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Affichage des articles associés au libellé Enfance
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Fin du jour. Il est venu voir l'entraînement, son petit frère est là, sur le terrain. Claquement des battes qui percutent les balles, courses effrénées, cris des joueurs et de l'entraîneur. Espace familier, circonscrit, qui rassure. En même temps il rêve d'un coup parfait, si puissant et fulgurant qu'il placerait la balle en orbite, et ce rêve ouvre un ailleurs. La balle traverserait des amas de nuages, passerait devant un oiseau à toute vitesse, ou devant les yeux écarquillés du pilote d'un avion de ligne. Elle poursuivrait ensuite sa course dans l'espace comme une comète ou une étoile filante. Elle serait repérée par des satellites, retomberait sur une autre planète où des êtres en tous points différents s'en serviraient pour inventer un nouveau sport. A moins plutôt qu'elle ne parcoure le ciel pour retomber à l'autre bout de la terre, où vivent d'autres gens parlant une autre langue. Il ne faudrait pas qu'elle tombe sur la tête de quelqu...
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  Laisser une trace, là, n'importe où. Marquer l'amour qui se sent à l'étroit dans ta poitrine. Il faudrait le hurler à tout bout de champ, clamer combien il te réclame tout entier, à chaque instant, mais c'est impossible. Il faudrait l'inscrire non pas sur ta peau comme tu le fais parfois en classe, mais dans ta peau comme un tatouage. Seulement pour ça tu n'as pas l'âge. Alors un pan de mur pourquoi pas. Avec les moyens du bord tu en laisses la trace à la sauvette : vos prénoms, un  cœur  qui les entoure et les relie pour toujours. Au milieu des colères ou des moqueries que d'autres ont jetées là, tu graves ce qui te comble et t'encombre tant.  Tu ne le sais pas encore, mais huit jours plus tard tu reviendras devant ce secret confié maladroitement au mur et au monde, pour le rayer rageusement.          
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  La fête battait son plein. Sons, musiques, stands, odeurs sollicitant l'attention de toute part. Je m'approchai d'un groupe d'enfants absorbés, visages penchés au-dessus d'un bac rempli de petits poissons rouges. Kingyo Sukui  : le jeu consiste à les attraper à l'aide d'une fragile épuisette de papier appelée poi . Les mouvements doivent être assurés, précis. Souvent on croit avoir réussi, à force de délicatesse et de patience, à saisir un de ces éclairs rouges... mais tout à coup le papier se déchire, la prise s'échappe. Sur le côté à droite, s'accumulent des épuisettes usagées, percées. Rien n'est acquis. Le couple âgé veille au bon déroulement des opérations avec une austère bienveillance. Par endroits, la photo est un peu floue, mais je trouve que cela ajoute au caractère vivant de la scène : les enfants, souffle et regard suspendus aux mouvements saccadés des poissons ; la fête qui, durant quelques instants, n'existe plus tout autour. ...
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  Le kanji de l'enfance. Passé, altéré, effacé par endroits... mais encore visible, lisible. L'enfance ne peut s'en aller tout à fait. Elle perdure, part en lambeaux mais sa marque demeure, en creux. Comme une série de gestes, un rythme, un tracé. 
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  Je levais la tête et elle était là. Apparition touchante d'un petit visage rond très concentré entre les barreaux de la balustrade. Est-elle en train de dessiner, de colorier ? Est-elle absorbée par les images d'une histoire ? Derrière, la lumière allumée suggère que le soir tombe. Au-dessus de sa tête, des bulles de savon s'envolent. Soufflées par qui ? Un frère espiègle et dissipé, pour détourner son attention ? Un parent qui se réjouit à l'idée de susciter la surprise ? Quoi qu'il en soit, l'austérité des briques et des barreaux, des lignes du plafond et des lignes électriques reflétées dans la vitre, est mise à mal par la rondeur des joues, la rondeur des bulles, la rondeur du jour déclinant. Du bâtiment rectiligne, s'échappe un élan de poésie et d'innocence.  A la fenêtre, entre le dedans et le dehors, entre le présent et l'avenir qui s'ouvre devant elle, se tient l'enfance.  
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C'était un jour de pluie. La guest house où je vivais alors, habituellement si animée, était plongée dans un calme étrange. Aucun bruit de pas, aucun son de vaisselle ni de cuisine. Pas de fragment de conversation non plus, que ce soit dans une langue ou une autre. Aucun éclat de rire, aucune exclamation ni musique ne filtrait à travers les fines cloisons des chambres. Le sol du couloir était une mer de silence et au fond, ce grand parapluie ouvert se tenait là, comme un fantôme. Un instant j'ai pensé : il n'y a plus personne, même là dehors, nulle part. Comme un enfant qui se réveille soudain sans repère et ne perçoit plus, en lieu et place de tout son monde familier, qu'une grande, une immense absence. Mais je n'ai appelé personne... simplement, je suis retourné prendre l'appareil photo dans ma chambre.    
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  Déambulation nocturne. Je longe une résidence tranquille, où beaucoup d'appartements sont déjà plongés dans l'obscurité. Seules quelques voix étouffées me parviennent de temps à autre, ou bien le murmure distant d'une télévision fatiguée. Les sons se dissipent rapidement dans la nuit, ne révélant rien de tous ces univers intimes, bien compartimentés derrière leur façade impassible. Mais tout à coup, un petit être attire mon regard. Ou plutôt un petit monstre en peluche qui, tel un féroce gardien, me somme de passer mon chemin. J'imagine un rituel d'enfant. Chaque soir, au moment du coucher, il tourne son fidèle compagnon vers l'extérieur pour qu'il surveille et protège la maison. Positionné tout contre la fenêtre, il fait ainsi rempart aux peurs qui certains soirs l'envahissent. Il dissuade les potentiels intrus et veille sur son sommeil. En prenant la photo, je lui chuchote intérieurement "ne t'en fais pas, je ne suis pas un méchant." L...
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  Yakyû : le baseball est très populaire au Japon. Je ne connais rien à ce sport, à ses règles. Mais à voir les jeunes s'y adonner comme si leur vie en dépendait, avec acharnement et rigueur, je m'étais pris au jeu. Je les avais observé un long moment, avec curiosité, ressentant parfois le suspens, puis la liesse ou la déconvenue des joueurs et du banc. Je crois n'avoir jamais connu cette joie d'appartenir à une équipe, d'en défendre les couleurs et le maillot. Je n'ai jamais aimé les groupes, l'exaltation du sentiment d'appartenance. Mais j'aurais aimé, je crois, ressentir cette confiance qu'apporte une cohésion parfaite. Savoir que l'équipe restera soudée quoi qu'il advienne, même dans la déception et la défaite.  La balle, photographiée un peu plus loin, porte sur elle l'usure de tant et tant de lancers, frappes et saisies en plein vol qu'elle est un témoin émouvant de tous ces emballements de l'enfance, aussi dérisoires qu...