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Affichage des articles du août, 2026
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Un grand corbeau s'est mis à croasser bruyamment juste au moment où je passais. Son plumage noir, comme un parfait coup de pinceau, a dessiné dans l'air une grande ellipse, puis il a disparu. Sous mes pas, un chemin de sable et de roche jonché de pétales. Chacun d'eux, me disais-je, pourrait correspondre à un moment de ma vie. Passé en un clin d' œil , encore présent pour un temps mais confusément mêlé à tant d'autres, il se désagrège sans bruit. Tous, finiront par se résorber dans la terre, réduits à... rien. Mais la rangée de statues et de stèles m'invite à prendre en considération d'autres devenirs. Leur façon d'incorporer le lichen, la poussière, les craquelures, l'ombre et la lumière dispensées par les arbres alentour, ainsi que l'usure de la pluie. L'érosion, en leur présence, devient garante de beauté. La statuette à leur pied (un Rakan ?), semble l'attester. Pieds nus, drapé de sa robe, avec un air de profond contentement il cont...
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  Les commémorations sont terminées, plus grand monde n'y pense, mais je suis tombé sur la traduction des Poèmes de la bombe atomique  de Tôge Sankichi chez un bouquiniste hier.  Le livre s'ouvre par ce poème, toujours, encore et toujours, d'actualité : Rendez le père                    rendez la mère rendez les vieux rendez les enfants rendez moi-même                et ceux qui me sont liés les humains rendez-les tant qu'il existe des humains           un monde des humains la paix qui ne puisse se détruire rendez-la Tôge Sankichi, Poèmes de la bombe atomique , Editions Laurence Teper, Paris, 2008, Trad. Ono Masatsugu et Claude Mouchard  Nous ne sommes pas assez nombreux à réclamer. Nous ne sommes pas assez nombreux à exiger.   
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Façade comme un paysage de brume, une large zone de silence dans le brouhaha bricolé des lignes, câbles, tuyaux, fils. Devant le muret de parpaings branlant, un scooter attend, inquiet d'être prisonnier des branchages. Et puis il y a cette curieuse cabine, les modules des climatiseurs, le chat qui évalue l'espace et la situation à sa façon... oreilles mobiles, détectant les moindres mouvements, identifiant les potentielles cachettes et possibilités de fuite. Vélos silencieux à gauche dans l'allée incertaine, sous le bavardage incessant des fenêtres. 
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Fin du jour. Il est venu voir l'entraînement, son petit frère est là, sur le terrain. Claquement des battes qui percutent les balles, courses effrénées, cris des joueurs et de l'entraîneur. Espace familier, circonscrit, qui rassure. En même temps il rêve d'un coup parfait, si puissant et fulgurant qu'il placerait la balle en orbite, et ce rêve ouvre un ailleurs. La balle traverserait des amas de nuages, passerait devant un oiseau à toute vitesse, ou devant les yeux écarquillés du pilote d'un avion de ligne. Elle poursuivrait ensuite sa course dans l'espace comme une comète ou une étoile filante. Elle serait repérée par des satellites, retomberait sur une autre planète où des êtres en tous points différents s'en serviraient pour inventer un nouveau sport. A moins plutôt qu'elle ne parcoure le ciel pour retomber à l'autre bout de la terre, où vivent d'autres gens parlant une autre langue. Il ne faudrait pas qu'elle tombe sur la tête de quelqu...
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  J'entends le bruit de mes pas. Plus j'avance, plus les murs semblent se resserrer sur moi. Les fenêtres grillagées sont menaçantes, les néons interrogateurs m'examinent froidement au passage. La paroi de tôle rouillée à droite est imposante, ses lignes verticales penchent dangereusement vers mon côté. La bouche d'égout brille comme un œil étrange en plein milieu du passage. Il faudra la contourner soigneusement. Mon pas est mal assuré, je jette des regards à droite, à gauche, avec l'impression que les bâtiments mêmes se donnent le mot quant à ma présence. Au fond, le couloir dévie vers la gauche, j'ai le sentiment qu'il se prolongera indéfiniment. J'ai dû ramener cette photo d'un rêve, j'ai dû la prendre dans mon sommeil.   
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Les renseignements apparaissent peu à peu. J'aime sa main tendue devant le rideau. Son application. Perché sur son escabeau, il doit aussi veiller à garder l'équilibre. Il est absorbé, tout entier dans le présent. L'abondance de lignes horizontales est brisée par sa silhouette et par la noirceur des caractères qu'il appose. D'ordinaire, on passe devant eux comme s'ils faisaient depuis toujours partie du décor. Qui a déjà vu ce travail en train d'être réalisé ? C'est peut-être ce qui donne à la photo toute sa valeur.