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Affichage des articles associés au libellé Mer et rivières
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  Au pied du complexe résidentiel de River City 21 , subsiste un quartier très ancien avec ses canaux, appontements de fortune et bateaux de plaisance. Tsukudajima  a tout d'une chimère. Deux moitiés a priori inconciliables du monde s'y trouvent en tension. Tantôt les tours paraissent peser de tout leur poids sur le quartier, tantôt les bateaux semblent flotter sur elles. En se reflétant dans l'eau, le quadrillage vertical des gratte-ciel perd de sa consistance. Vue d'ici, la bande de végétation forme comme un pli entre les deux strates. Mais davantage qu'une superposition, Tsukudajima crée un intervalle, terreau propice aux histoires et aux rêves. 
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  Celui-ci servait au transport du riz. Aujourd'hui il n'est plus que le vestige d'une époque révolue... son chargement n'est qu'un décor. L'authenticité est une notion éminemment trompeuse, à la fois subjective et sujette à mille influences. Dans le coin supérieur droit, on peut apercevoir une voiture. Sa présence rend-t-elle la scène photographiée plus authentique ? Moins authentique ? Je n'ai pas de réponse. La clarté du courant et les motifs du feuillage me satisfont, ils se suffisent.   
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  Un vaisseau fantôme. Un rafiot sans équipage ni capitaine, amarré sur les eaux noires d'un canal privé de ciel. Impossible de lire les caractères à tribord. J'aurais pourtant aimé connaître son nom. Son histoire. Le pont est jonché d'objets : échelle gisante, morceaux de toile, chaise noyée d'humidité... et pourtant nul naufrage.  Mais je crois me souvenir avoir pensé, sur le moment, qu'il faudrait aménager la cale, en faire une cabane flottante. Un îlot dans l'océan urbain, à la fois si proche du tumulte, et si loin.
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Un paquet de cigarettes abandonné sur le sable. Appeler une marque de tabac "Espoir"... ironie d'un marketing effréné. Mais l'histoire de la marque fait émerger des éléments de compréhension plus subtils. "Hope" a été lancée en 1957, alors que le pays est dans une phase de reconstruction économique où l'optimisme est à nouveau de mise. Modernisation, croissance, espoir national d'un avenir meilleur et d'une prospérité retrouvée. "Hope", un nom anglais pour marquer plus encore ce tournant, qui est aussi une ouverture. Le logo associé représente un arc tendu (qui a aussi des allures d'éventail). Une flèche pointant vers le haut, déjà prête à atteindre sa cible. Un élan international porté par les traditions ancestrales : le tir à l'arc, sa discipline et sa noblesse. Des valeurs auxquelles la marque a habilement mêlé la symbolique de l'arc de Cupidon : attirance, désir, amour.  Mais sur la plage, la flèche a perdu sa cible. L...
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  La posture est belle, détachée. Le banc et la balustrade, massifs et robustes, rendent sa silhouette un peu frêle. Et pourtant il s'accorde à merveille avec ce bois élimé par le temps et l'usage. Une telle nonchalance est rare en public. Le privilège de l'âge. Dans le regard flotte peut-être une certaine fatigue résignée. Il semble imperturbable : encore un jour qu'il laisse doucement s'écouler au son du canal. Le chapeau de biais lui donne une touche d'élégance désinvolte. Le port des gants instaure quant à lui un mystère des mains. Le saule forme au-dessus comme une alcôve. Entre la souplesse aérienne du jeune feuillage et la pesanteur du bois ancien, le vieil homme est un parfait intermédiaire. Une présence en creux et en reliefs. 
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  Dans le film La beauté du geste (titre original : Keiko, me wo sumasete *), Shô Miyake nous invite à suivre Keiko, une jeune femme malentendante qui pratique la boxe et vient de passer professionnelle. Le film est inspiré de l’autobiographie de la boxeuse Keiko Ogasawara. Keiko n’est pas vraiment adaptée à la grande ville, et inversement. Les gens y vont et viennent toujours trop vite, sans tenir compte des uns des autres. La ville est un faisceau de codes, d’obligations et de signaux, dont beaucoup sont sonores et lui demeurent imperceptibles. Elle cohabite dans un appartement de banlieue avec son petit frère musicien, doux rêveur un peu négligeant, mais qui reste attentionné à sa manière. Son emploi de femme de ménage dans un hôtel lui confère une certaine autonomie, et lui permet de consacrer son temps libre à l’entraînement.  La boxe est pour elle un ancrage, tout comme le vieux club où elle pratique. Un lieu où elle peut enfin s’accorder, être au monde sans souffrir de...
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  C'était un samedi, en juillet. Je longeais un petit canal pendant plus d’une heure et faisais ce curieux inventaire, a priori peu ragoûtant : "D’énormes carpes luisantes, des usines, des maisons sans aucun charme, quelques baraques abandonnées en train de pourrir, un tas de clous rouillés, un vieux bidon d'huile faisant office de table, un cendrier rempli de mégots, des gants usés invitant à lire un magazine de mode défraîchi intitulé... PQ (pour Princess Queen , évidemment)." Et pourtant... j'étais heureux de toutes mes "trouvailles". "Parti de Musashi-Kosugi pour finalement rejoindre Mizunokuchi . Je prends le train pour rentrer."
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Dans mon journal ce jour-là, j'écrivais : "Une journée avec Kuriyama san, artiste dessinateur et photographe, à se promener près de Kamakura. Le principe de notre escapade : acheter un billet valable une journée entière sur la petite ligne de train Enoden, qui relie Kamakura à Fujisawa, et s’arrêter au hasard, au gré de nos envies, pour explorer les environs des petites gares. Entre Kamakura et Fujisawa il y en a 13 exactement, et je crois que nous sommes parvenus à les découvrir presque toutes ! Beaucoup se trouvent le long de la côte, à deux pas de la mer. La première station où nous nous sommes arrêtés est Hase, juste après Kamakura. Nous avons marché jusqu’à une plage de sable gris, avec de vieilles baraques de pêcheurs toutes branlantes, détonnant singulièrement avec le côté "station balnéaire" des bâtiments alentours. Là, assis sur une vieille charrette servant probablement à transporter des caisses de poissons, nous avons discuté un moment. Récemment un ami de...
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  Très souvent, les berges des rivières sont les interstices des cités. La temporalité n'y est pas la même : des rythmes distincts se chevauchent, s'entrelacent parfois, mais jamais ne se heurtent. Marginaux, joggeurs, pêcheurs, promeneurs de tous bords et de tous âges viennent chercher auprès de l'eau un apaisement, une ouverture, un réconfort. La canne de ce pêcheur plonge directement dans la rivière. S'est-il assoupi un instant ? A gauche, le reflet légèrement trouble d'une tour électrique rappelle l'omniprésente urbanité. Mais de la canne comme de la tour, l'eau n'en a que faire et reste imperturbablement lisse, sereine.    
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Deux solitaires sur une même image. Au fond à droite, un jeune salaryman s'accorde une courte pause, voûté par les heures de travail accomplies et celles à venir. Engoncé dans le carcan de son costume, mais encore sensible à la rivière qui s'écoule paisiblement en contrebas. Quelques instants de répit à l'écart de l'agitation humaine. Au premier plan en revanche, le chat semble s'être affranchi de toute domesticité. Bien campé sur ses pattes, à la fois endurci et usé par la rue, il jette un regard sévère et sauvage au troisième solitaire en présence : l'étranger derrière son objectif. Moi... à cette époque-là.