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Affichage des articles associés au libellé Enseignes
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Les renseignements apparaissent peu à peu. J'aime sa main tendue devant le rideau. Son application. Perché sur son escabeau, il doit aussi veiller à garder l'équilibre. Il est absorbé, tout entier dans le présent. L'abondance de lignes horizontales est brisée par sa silhouette et par la noirceur des caractères qu'il appose. D'ordinaire, on passe devant eux comme s'ils faisaient depuis toujours partie du décor. Qui a déjà vu ce travail en train d'être réalisé ? C'est peut-être ce qui donne à la photo toute sa valeur. 
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  Matsuya, quincaillerie et matériaux de construction. Pourquoi avoir photographié cette vieille enseigne ? J'aimais sans doute ce côté caverne d'Ali Baba urbaine... J'ai dû me demander quelle était la profondeur de l'antre, essayer de distinguer le gérant dans l'arrière boutique obscure. J'aimais certainement le bâtiment en lui-même : sorte de grand container placé à la verticale et découpé, formant deux rectangles distincts. Les gros caractères usés dont la répétition entraîne le regard dans un va-et-vient que renforcent les lignes verticales de l'étage. En haut, les katakana s'insèrent aussi à merveille dans le réseau toujours déraisonnable des câbles électriques. Matsuya, une toute petite tour à l'assaut du ciel. 
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Toujours là. En dépit de l'âge, des douleurs, d'un corps qui se racornit mais se maintient encore, bon gré, mal gré. Toujours là parce qu'il faut bien vivre comme on peut, de si peu. De toute façon, "qu'est-ce que je pourrais bien faire d'autre ?", lance-t-elle avec un grand sourire limpide à quiconque lui suggère qu'il serait grand temps de prendre soin d'elle, à présent. Certes, la petite boutique est encombrée mais elle sait avec exactitude où tout est rangé, chaque chose à sa place même si c'est au beau milieu d'un tas d'autres choses. Pendant les périodes creuses, elle lit avec attention ses magazines, penchée juste au-dessus des articles, le doigt suivant patiemment les caractères qui rapetissent de jour en jour. Derrière elle, une photo encadrée. Pas celle d'un fils ou d'un mari. Un chien. Attentif, avec son regard franc de toujours, sa queue en cercle, comme une interrogation : "Que veut ma maîtresse ? Qu'attend...
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  Un restaurant de Sushi dans le quartier de Sengoku . Une vieille enseigne où les clients mangent debout, au comptoir, tandis que les échanges vont bon train. Le charme suranné du lieu est accentué par les scooters de livraison d'un autre âge, sagement alignés le long de la façade. J'ai fait beaucoup de rencontres dans ce quartier. J'y ai vu ma première représentation de Rakugo , dans un tout petit centre culturel exclusivement fréquenté par quelques habitués. Qu'un étranger y débarque la bouche en cœur n'a cependant suscité ni méfiance, ni hostilité. C'était un événement, qu'il fallait célébrer comme il se doit : dans une forme d'excitation joyeuse et de partage. Un événement ne sort pas nécessairement de l'ordinaire, il peut aussi s'accorder avec lui.   
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Des devantures au charme désuet, ici le traiteur Ikeda, spécialisé en fritures. La cliente échange en repartant quelques banalités d'usage avec la vendeuse. Cette dernière a la tête plongée dans l'ombre, mais on peut voir sa silhouette derrière le comptoir, les mains croisées devant son grand tablier.  Encore un quartier tranquille aux maisons disparates, l'agencement des bâtiments défiant souvent toute logique. La lumière était très belle. En observant la photo, j'ai l'impression de pouvoir encore respirer l'air ambiant, paisible, doux. Sur le côté gauche, en haut, le feuillage des arbres est dense et s'élève très haut, formant une masse sombre et compacte. Elle évoque, derrière ce quotidien ordinaire, un monde plus ténébreux et enchevêtré. Un sanctuaire peut-être, je ne me souviens plus. Mais juste après avoir pris la photo, c'est dans cette direction-là que j'ai dû partir. 
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  Souvent je n'osais pas photographier les visages. Mais vus de dos, alors qu'ils s'éloignent, les gens expriment aussi une part de leur personnalité. Elle transparaît de manière subtile dans leur démarche, leur silhouette, leurs vêtements. Le visage ne peut plus être le centre d'attraction principal et dès lors le regard se fait attentif aux autres détails. Ici la façon de porter le sac tout en tenant l'ombrelle du même côté, tandis que la main droite se balance au rythme des pas. Les vêtements sombres et surannés qui concordent avec les devantures défraîchies du quartier, mais surtout cette ombrelle qui crée comme une énigme impossible au centre de l'image. Dans un second temps c'est la blancheur du panneau, à gauche, qui attire le regard. Un restaurant coréen : barbecue, bibimbap et Jjigae (ragoût coréen) au menu. Puis l'enseigne du bureau de tabac, telle un repère au-dessus du mystère. Je repense à ces vers de Pessoa : "Je suis aujourd’hui par...