Les renseignements apparaissent peu à peu. J'aime sa main tendue devant le rideau. Son application. Perché sur son escabeau, il doit aussi veiller à garder l'équilibre. Il est absorbé, tout entier dans le présent. L'abondance de lignes horizontales est brisée par sa silhouette et par la noirceur des caractères qu'il appose. D'ordinaire, on passe devant eux comme s'ils faisaient depuis toujours partie du décor. Qui a déjà vu ce travail en train d'être réalisé ? C'est peut-être ce qui donne à la photo toute sa valeur.
Un tissu d'ombres vivantes
Peu à peu des souvenirs, pensées, sensations refont surface. J’ai créé ce blog pour leur faire une place, dans le présent. Pour donner à ce pan de ma vie un espace. J’ai créé ce blog pour tisser des liens, créer des ponts et des passages. Archiver, rêver. Ces mots de Tarjei Vesaas me reviennent avec force : “Si, à l’instant, il n’y a personne, l’air même est saturé de souvenirs. [...] Nous sommes les endroits, où des paroles sont tombées, vivifiantes ou fatales, paralysantes ou encourageantes. Nous sommes aussi ces endroits agréables et abrités, où les gens se sont réunis. Nous sommes les endroits que l’on n’oublie jamais, ceux qui, malgré leur air insignifiant, se gravent dans l’esprit des gens jusqu’à leur mort : une pierre ou deux pour s’asseoir, un tendre feuillage de printemps, et le ruisseau presque asséché d’un début d’été. Nous sommes les temps éternels et tous les lieux à la fois. Chaque pas est un souvenir. Si cela était visible, nous apparaîtrions un tissu d’ombres vivantes....

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