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Façade comme un paysage de brume, une large zone de silence dans le brouhaha bricolé des lignes, câbles, tuyaux, fils. Devant le muret de parpaings branlant, un scooter attend, inquiet d'être prisonnier des branchages. Et puis il y a cette curieuse cabine, les modules des climatiseurs, le chat qui évalue l'espace et la situation à sa façon... oreilles mobiles, détectant les moindres mouvements, identifiant les potentielles cachettes et possibilités de fuite. Vélos silencieux à gauche dans l'allée incertaine, sous le bavardage incessant des fenêtres. 
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Il feint de ne pas me voir, de regarder ailleurs. Il feint la désinvolture mais en réalité le félin est attentif aux moindres de mes gestes. Difficile de ne pas voir en lui un gardien, à l'instar des statues qui jaugent, d'un œil alerte et sévère, les visiteurs des temples. Un morceau de son oreille gauche, tout en haut, a été arraché, des batailles ont été livrées. Les stries de son pelage entrent en résonance avec les éclats de lumière sur les marches. Komorebi étrange, découpé en strates comme un collage .   Malgré ma photo impudente, il daignera m'accorder le passage. 
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J'aime beaucoup cette image. La démarcation des espaces par la lumière et les matières. Les vieux pavés irréguliers que le regard arpente jusqu'à la dame au loin. Sa silhouette rend le portique du sanctuaire monumental. Un torii à moitié caché par le feuillage des arbres, si bien qu'il semble en émaner ou retourner à son état primordial. La brèche de lumière trace elle aussi un chemin, de biais, pour souligner la présence discrète du chat. Il semble attendre. La photo est un intervalle suspendu. Un champ de relations entre les lignes, les êtres, l'ombre et la clarté presque aveuglante, le sanctuaire et la rue. Il y a ici un rythme, une respiration. Tout est en suspens mais rien n'est figé. Si je devais donner un titre à cette image, ce serait sans doute : "Entre".  
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Deux solitaires sur une même image. Au fond à droite, un jeune salaryman s'accorde une courte pause, voûté par les heures de travail accomplies et celles à venir. Engoncé dans le carcan de son costume, mais encore sensible à la rivière qui s'écoule paisiblement en contrebas. Quelques instants de répit à l'écart de l'agitation humaine. Au premier plan en revanche, le chat semble s'être affranchi de toute domesticité. Bien campé sur ses pattes, à la fois endurci et usé par la rue, il jette un regard sévère et sauvage au troisième solitaire en présence : l'étranger derrière son objectif. Moi... à cette époque-là.