La posture est belle, détachée. Le banc et la balustrade, massifs et robustes, rendent sa silhouette un peu frêle. Et pourtant il s'accorde à merveille avec ce bois élimé par le temps et l'usage. Une telle nonchalance est rare en public. Le privilège de l'âge. Dans le regard flotte peut-être une certaine fatigue résignée. Il semble imperturbable : encore un jour qu'il laisse doucement s'écouler au son du canal. Le chapeau de biais lui donne une touche d'élégance désinvolte. Le port des gants instaure quant à lui un mystère des mains. Le saule forme au-dessus comme une alcôve. Entre la souplesse aérienne du jeune feuillage et la pesanteur du bois ancien, le vieil homme est un parfait intermédiaire. Une présence en creux et en reliefs.
Commentaires
Enregistrer un commentaire