Dans mon journal ce jour-là, j'écrivais :

"Une journée avec Kuriyama san, artiste dessinateur et photographe, à se promener près de Kamakura. Le principe de notre escapade : acheter un billet valable une journée entière sur la petite ligne de train Enoden, qui relie Kamakura à Fujisawa, et s’arrêter au hasard, au gré de nos envies, pour explorer les environs des petites gares. Entre Kamakura et Fujisawa il y en a 13 exactement, et je crois que nous sommes parvenus à les découvrir presque toutes !

Beaucoup se trouvent le long de la côte, à deux pas de la mer. La première station où nous nous sommes arrêtés est Hase, juste après Kamakura. Nous avons marché jusqu’à une plage de sable gris, avec de vieilles baraques de pêcheurs toutes branlantes, détonnant singulièrement avec le côté "station balnéaire" des bâtiments alentours.


Là, assis sur une vieille charrette servant probablement à transporter des caisses de poissons, nous avons discuté un moment. Récemment un ami de Kuriyama san est mort. Mort de surmenage. Un terme spécifique, que j’ai oublié, sert à désigner ce type de décès. Selon Kuriyama san, la guerre et les efforts pour redresser le pays qui ont suivi, ont eu une grande influence sur la manière d’envisager le travail. Avant la guerre la paresse n’était pas nécessairement honteuse, semble t-il...

Nous avons marché des heures. Déjeuné dans un petit bistrot de surfeurs sur la plage, en buvant une bière bien fraîche. Les surfeurs nous regardaient en souriant, car nous étions les seules personnes à porter pantalons et chaussures. Moi aussi ils me faisaient sourire, à rester plantés là devant la mer pendant plusieurs minutes, avant de s’élancer pour prendre la vague juste à temps.

Nous avons marché des heures. Sommes entrés dans la boutique minuscule d’un vieux vendeur de bonbons et, pour 60 yens, avons goûté de délicieuses friandises traditionnelles. Nous avons aussi découvert un sanctuaire où coulait une petite source. La légende veut que si l’on trempe son argent dans cette eau, on en gagne 10 fois plus par la suite. Malheureusement, ce n’est qu’en sortant du sanctuaire que nous avons lu ces explications... Tant pis ! On deviendra riches une prochaine fois…"


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