Dans un temple bouddhiste au Japon, une rangée de stèles et de statues. Au premier plan, une statuette plus petite d'un vieillard en toge qui se tient debout, les yeux fermés. Le sol est jonché de pétales.

Un grand corbeau s'est mis à croasser bruyamment juste au moment où je passais. Son plumage noir, comme un parfait coup de pinceau, a dessiné dans l'air une grande ellipse, puis il a disparu. Sous mes pas, un chemin de sable et de roche jonché de pétales. Chacun d'eux, me disais-je, pourrait correspondre à un moment de ma vie. Passé en un clin d'œil, encore présent pour un temps mais confusément mêlé à tant d'autres, il se désagrège sans bruit. Tous, finiront par se résorber dans la terre, réduits à... rien. Mais la rangée de statues et de stèles m'invite à prendre en considération d'autres devenirs. Leur façon d'incorporer le lichen, la poussière, les craquelures, l'ombre et la lumière dispensées par les arbres alentour, ainsi que l'usure de la pluie. L'érosion, en leur présence, devient garante de beauté. La statuette à leur pied (un Rakan ?), semble l'attester. Pieds nus, drapé de sa robe, avec un air de profond contentement il contemple le monde, yeux fermés. Les rides ne le troublent plus depuis longtemps.  

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