La fête battait son plein. Sons, musiques, stands, odeurs sollicitant l'attention de toute part. Je m'approchai d'un groupe d'enfants absorbés, visages penchés au-dessus d'un bac rempli de petits poissons rouges. Kingyo Sukui : le jeu consiste à les attraper à l'aide d'une fragile épuisette de papier appelée poi. Les mouvements doivent être assurés, précis. Souvent on croit avoir réussi, à force de délicatesse et de patience, à saisir un de ces éclairs rouges... mais tout à coup le papier se déchire, la prise s'échappe. Sur le côté à droite, s'accumulent des épuisettes usagées, percées. Rien n'est acquis. Le couple âgé veille au bon déroulement des opérations avec une austère bienveillance. Par endroits, la photo est un peu floue, mais je trouve que cela ajoute au caractère vivant de la scène : les enfants, souffle et regard suspendus aux mouvements saccadés des poissons ; la fête qui, durant quelques instants, n'existe plus tout autour.   

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