S'abstraire du flux, demeurer un moment sans but, sans destination ni contrainte. Ils ont en commun de s'être accordé cette pause, et qu'elle soit méritée ou non est une question dont ils se fichent éperdument. Ici peut-être encore plus qu'ailleurs, le travail, la productivité ne légitiment pas l'existence mais lui imposent un carcan. Lequel des deux s'est installé en premier ? Sans doute le jeune homme qui s'est étendu en songeant que cet endroit ou un autre, c'était du pareil au même. Il a mis sa capuche, s'est coupé du monde avec son casque, également transformé en bandeau pour les yeux. Les bras croisés il impose un refus, décrète en silence que plus rien ne le touche désormais, car il est dans son monde.
L'homme, lui, a dû se dire qu'il pouvait bien s'asseoir à côté pour fumer sa clope. Comme toujours, il passerait et resterait inaperçu. Le plan de Toyama Heights nous cache d'ailleurs son visage. Je l'imagine inexpressif, regard désabusé de laissé pour compte. Chaque matin, il met pourtant son alliance et sa montre.
Perdu le chemin qui mène les uns aux autres. Les plans ne sont d'aucun secours.

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