En partance. Elle est pensive. Peut-être s'inquiète t-elle d'avoir oublié quelque chose, d'avoir bien fermé l'appartement à clef. Peut-être se remémore t-elle l'itinéraire qui les attend, le numéro du bus, la correspondance des trains. Les roulettes de la valise produisent sur le goudron un son rauque qui accentue le flux des préoccupations. Avec la petite, l'organisation est rapidement devenue une seconde nature. Plus question de flâner, d'improviser. Rien ne doit être laissé au hasard. Jusqu'aux cheveux attachés sur le côté, afin qu'ils ne tombent pas sur son visage pendant qu'elle la porte dans son dos. C'est la petite, à présent, qui a le monopole de l'attention flottante, de la curiosité pour chaque chose, et c'est très bien comme ça. La voir écarquiller ses grands yeux est un bonheur immense, tendre une main ébahie vers chaque chose, une ombre, un reflet brillant, un arbre ou un oiseau... et peut-être aussi vers le jeune homme qui arrive en face et qu'elles croiseront dans quelques secondes. Il a, lui, un air parfaitement insouciant et une démarche rêveuse.
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