Allez-y, passez. Moi, je reste là. Je vous regarde. Allez travailler, faire vos courses, faire comme si de rien n'était. Faites aller. Je l'ai fait assez longtemps. J'ai fait ma part. Je vous regarde mais je ne vous écouterai plus. Derrière, le rideau de fer est tiré, considérez que c'est pareil pour moi. J'ai fermé boutique. Mis la clef sous la porte. Vos pas approchent, s'éloignent. Moi je reste. Vous ne faites que passer. Ici on ne se croise plus. On ne se croise jamais. On passe comme des spectres et la blancheur du soleil n'y fait rien. Elle efface au contraire vos visages, vos ombres grandissent. Vous n'êtes plus que passants qui se répètent. Passant, passant, passant et moi... je ne serai bientôt plus que rampe, margelle, rideau.  

Commentaires

Posts les plus consultés de ce blog