Bien campé sur ses pattes avant, digne, le corps à la fois massif et élancé, il veille. Capte les variations les plus ténues à une vitesse fulgurante. L'œil aussi acéré que les crocs, les oreilles béantes, tendues vers l'invisible, la queue ample et soyeuse dressée telle un signal. Sa vivacité immobile tantôt se détache du feuillage, tantôt se confond avec lui. Dans sa gueule perspicace il protège une perle, âme ou énergie surnaturelle. Son imposante stature, si ce n'est menaçante du moins intimidante, est atténuée par la présence du bavoir. Marque d'attention et de respect à son égard, il met Renard en relation, faisant de lui un intermédiaire entre sauvage, humain et divin. Des craquelures commencent à donner à son dos un air de carapace. Juste derrière l'enchevêtrement de branches, déjà, de banals immeubles où le mystère se perd. Inopinément il peut néanmoins resurgir, à tout moment.
Peu à peu des souvenirs, pensées, sensations refont surface. J’ai créé ce blog pour leur faire une place, dans le présent. Pour donner à ce pan de ma vie un espace. J’ai créé ce blog pour tisser des liens, créer des ponts et des passages. Archiver, rêver. Ces mots de Tarjei Vesaas me reviennent avec force : “Si, à l’instant, il n’y a personne, l’air même est saturé de souvenirs. [...] Nous sommes les endroits, où des paroles sont tombées, vivifiantes ou fatales, paralysantes ou encourageantes. Nous sommes aussi ces endroits agréables et abrités, où les gens se sont réunis. Nous sommes les endroits que l’on n’oublie jamais, ceux qui, malgré leur air insignifiant, se gravent dans l’esprit des gens jusqu’à leur mort : une pierre ou deux pour s’asseoir, un tendre feuillage de printemps, et le ruisseau presque asséché d’un début d’été. Nous sommes les temps éternels et tous les lieux à la fois. Chaque pas est un souvenir. Si cela était visible, nous apparaîtrions un tissu d’ombres vivantes....
Commentaires
Enregistrer un commentaire