Un prunier, probablement, dans une arrière-cour vétuste. Les fleurs se détachent sur fond de façade grisâtre, formant des touches éparses mais d'autant plus éclatantes. Nous sommes bien loin de la grandiose profusion des fleurs de cerisiers, dont la saison vient de débuter au Japon. Mais ce déploiement modeste sur les branches nues et graciles vient réveiller d'autres émotions. Le manque apparent inspire une gratitude d'autant plus grande pour ce qui se donne à voir. Le faible nombre de branches permet au regard de les parcourir, d'aller et venir en s'attardant sur chaque petite efflorescence improbable. Il y a une certaine régularité dans l'image : la division en trois branches, les lignes droites du bâti... mais sans cesse altérée par les traces d'usure, d'humidité, par les courbures et les fissures qui prolongent le végétal. Et j'aime beaucoup ce segment de lierre en haut à droite, qui semble initier une fuite discrète.   

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