Une maison unicellulaire. Un compartiment de plus mais sur-mesure, comme une coquille au demeurant très confortable. J'adorais découvrir ce genre d'architectures improbables, innovantes et bien souvent géniales, engoncées au beau milieu des quartiers. La variété des constructions défie toute cohérence. Elle contrarie l'uniformisation monotone à laquelle la plupart des villes est soumise. Créer des espaces habitables sur d'aussi petits terrains est une prouesse. Ici deux étages, une terrasse centrale ouverte sur le ciel, combien de pièces ? Ce qui me frappe cependant, c'est notre besoin compulsif de dessiner des cases, aussi originales soient-elles. Je pense à un roman de Kôbô Abe lu il y a bien longtemps : L'homme-boîte. Même lorsque nous aspirons à nous échapper, à nous extraire, nous inventons d'autres cases, de nouvelles boîtes. Repli derrière nos murs, parois et paroisses, écrans. Dans nos petites bulles, nous avons perdu de vue l'ouvert.
Ps : Le photographe Jérémie Souteyrat a réalisé de magnifiques images de ces micro-maisons qui sont aussi des œuvres d'art, rassemblées dans le livre Tokyo no ie. Il est épuisé, mais de nombreuses photos sont accessibles via son site Internet.
Ps : Kôbô Abe, L'homme-boîte, Editions Stock, 2001

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