Accroupie, grattant la terre, arrachant quelques herbes folles pour faire de la place à d'autres pousses, je convoque le vivant dans les interstices. Entre immeubles et barrières, sous le soleil déjà haut je m'échine à raviver d'anciennes forces. Relâcher l'étreinte du béton pour, bientôt, le plaisir de voir les tiges, feuilles et corolles s'épanouir. Déjà quelques insectes bourdonnent autour de moi, attentifs à mon travail sur cette parcelle en friche, délaissée de tous. 


Courbée des heures durant malgré mon âge, attentive aux besoins des plantations, je prends soin du sol, des légumes. En lisière de la ville où seuls les immeubles poussent, nous toisent de toute leur hauteur, je me consacre à mes tâches terre à terre avec une conviction sans faille. Nous sommes quelques-uns, encore, à y trouver du sens. Certains diront qu'on se donne bien du mal pour pas grand chose... ils n'y connaissent rien. 


Je me penche, et c'est la profusion. Le regard scrute, les mains s'activent, touchent, grattent, frôlent ou saisissent. Je ne pense plus alors qu'à ces présences, qui sont aussi des promesses. 


Et pour aller plus loin, un court texte sur ce que signifie pour moi s'accroupir



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