Il y avait quantité de stations, de petites gares ayant toutes leurs spécificités. Je voudrais pouvoir tout retrouver. Que tout soit là : le hors-champ de mes photos. Les sons, les odeurs... 

A quoi ressemblaient-ils ces bâtiments qui projettent ici leur ombre étrange sur le grand mur de la voie ferrée ? Quelles gares reliait cette ligne ? J'aimerais me souvenir de tout : le visage du jeune homme qui approche à vélo, celui de l'homme en noir qui marche derrière, tout au fond. Mais je n'ai pas assez photographié, pas suffisamment noté, enregistré, consigné. On ne peut pas simultanément se laisser porter par l'instant, accueillir tout ce qui se présente et mémoriser avec précision les dates, les lieux, les trajets. La porosité et l'ouverture forment une mémoire diffuse, mais terriblement lacunaire. Il ne me reste que des bribes — rencontres fortuites, sensations passagères. Le panneau au premier plan est celui d'une agence immobilière : magasins, terrains, appartements, villas... L'agence propose aux étrangers des rendez-vous dédiés. D'autres que moi auront poussé la porte. Quelques uns, sans doute, se seront installés. Bientôt le train va repartir.  

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