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Affichage des articles du février, 2026
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Deux scènes en parallèle, un instant suspendu. Les dames à gauche auront-elles finalement trouvé chaussure à leur pied ? "2000 yens, si la taille convient, c'est vraiment une bonne affaire !" peut-on lire sur l'affichette. J'aime la composition de cette image. Les lignes de fuite et de démarcation, la multiplicité des formes et des textures : cette armada dépareillée de souliers et de sandales, tous ces carrés, ces rayures... et la douceur des silhouettes humaines. En particulier celle de cette femme à droite, qui descend les marches vers le métro. Où se rendait-elle ? Qu'est-ce qui se joue ici et nous échappe, comme à chaque instant de nos vies ?  Pour un moment, laissons-nous aller dans leurs pas. 
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  Dans le film La beauté du geste (titre original : Keiko, me wo sumasete *), Shô Miyake nous invite à suivre Keiko, une jeune femme malentendante qui pratique la boxe et vient de passer professionnelle. Le film est inspiré de l’autobiographie de la boxeuse Keiko Ogasawara. Keiko n’est pas vraiment adaptée à la grande ville, et inversement. Les gens y vont et viennent toujours trop vite, sans tenir compte des uns des autres. La ville est un faisceau de codes, d’obligations et de signaux, dont beaucoup sont sonores et lui demeurent imperceptibles. Elle cohabite dans un appartement de banlieue avec son petit frère musicien, doux rêveur un peu négligeant, mais qui reste attentionné à sa manière. Son emploi de femme de ménage dans un hôtel lui confère une certaine autonomie, et lui permet de consacrer son temps libre à l’entraînement.  La boxe est pour elle un ancrage, tout comme le vieux club où elle pratique. Un lieu où elle peut enfin s’accorder, être au monde sans souffrir de...
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  Il y avait quantité de stations, de petites gares ayant toutes leurs spécificités. Je voudrais pouvoir tout retrouver. Que tout soit là : le hors-champ de mes photos. Les sons, les odeurs...  A quoi ressemblaient-ils ces bâtiments qui projettent ici leur ombre étrange sur le grand mur de la voie ferrée ? Quelles gares reliait cette ligne ? J'aimerais me souvenir de tout : le visage du jeune homme qui approche à vélo, celui de l'homme en noir qui marche derrière, tout au fond. Mais je n'ai pas assez photographié, pas suffisamment noté, enregistré, consigné. On ne peut pas simultanément se laisser porter par l'instant, accueillir tout ce qui se présente et mémoriser avec précision les dates, les lieux, les trajets. La porosité et l'ouverture forment une mémoire diffuse, mais terriblement lacunaire. Il ne me reste que des bribes  —  rencontres fortuites, sensations passagères. Le panneau au premier plan est celui d'une agence immobilière : magasins, terrains, app...