Il s'est arrêté devant la station de métro. Un grand échalas livide tout de jeans vêtu. Gueule cassée, maigre comme un clou et clope en main. Dégaine de paumé. Il a levé la tête vers le ciel et s'est figé. Un long moment. Je n'ai même pas cherché à comprendre ce qui pouvait l'absorber ainsi. Je savais qu'en me tournant dans la même direction, je ne verrais rien de particulier. Personne n'a regardé. L'homme à droite, en haut de l'escalator, est ensuite passé juste à côté sans même le voir. Avec cette lumière pourtant, il m'est apparu comme un perdant magnifique se tenant au centre d'une vaste scène improvisée. Acteur principal d'une pièce pleine de rage, de heurts et d'abandons. Des histoires de rêves brisés, vues et revues mais toujours émouvantes. Que s'est-il passé après cette épiphanie, lorsque le temps suspendu a repris son cours? J'espère qu'il a vaillamment résisté à la défaite annoncée.
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